Coussac-Bonneval














Le bourg de Coussac tire son origine d’une villa gallo-romaine (COCIACUM : littéralement le domaine de Codus) dont, hélas ! aucun vestige n’est parvenu jusqu’à nous. La proximité des gisements aurifères et de l’itinéraire commercial Méditerranée-Armorique, qui, aujourd’hui encore, délimite en partie le finage communal, explique l’ancienneté du peuplement. Siège d’un atelier monétaire, dès le milieu du VIIe siècle, Coussac a vu, sous les Carolingiens, son importance décroître au profit de Bret, où les fondations d’une vaste enceinte et de deux mottes sont encore enfouies sous la végétation. C’est à la suite du démantèlement de cette formidable citadelle, en 1242, que Coussac recouvra un rôle stratégique de premier plan : verrou du grand chemin de Limoges à Ségur et au Bas-limousin, le bourg devint, après les traités de Brétigny-calais, l’un des enjeux des luttes franco-anglaises dans la région. C’est aussi à la faveur de la guerre de Cent ans que les De Bonneval ont accentué leur implantation locale, et en même temps grimpé dans la hiérarchie nobiliaire : « Chastillon, Bourdillon, Galiot et Bonneval gouvernent le sang royal », rimait-on à la cour de Charles VIII et de Louis XII, mais l’étoile de la famille déclina après Pavie : des Guerres de Religion à la Fronde, les De Bonneval ont été de toutes les révoltes contre l’absolutisme naissant ; tour à tour au service de la France, des Habsbourg et du Grand Turc, Claude-Alexandre (1675-1747) a incarné la quintessence des inquiétudes et des frustrations de la noblesse européenne de son temps. Une fois amorties les effervescences de la Révolution — desquelles témoigne le nom de « Coussac-Sans-Culottes », usité pendant la Convention — , la commune connut un siècle d’essor démographique -sa population culmina à 3 672 habitants en 1901- et même économique, malgré l’abandon des grands projets (tel celui du canal de la Loire à la Garonne, suivant le tracé de la Valentine) et l’échec d’entreprises trop audacieuses ; si la manufacture de porcelaine, fondée par le marquis Hippolyte de Bonneval en 1825, ferma ses portes treize ans plus tard, l’extraction du kaolin (amorcée dès 1784 à Frougeix) anima la campagne coussacoise jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, lui valant le surnom explicite de « Chine du Limousin ». En effet entre St-Yrieix et Coussac-Bonneval, les carrières de Kaolin de Marcognac, découvertes en 1786 sont à l’origine de la porcelaine de Limoges. Situées sur la commune arédienne, elles constituent sans doute le premier filon de plusieurs exploitations du même type qui s’étiraient sur la commune de Coussac : Marsaguet, Pierrefiche et Marsac qui représentaient avec Marcognac un alignement où l’on trouvait, encore au début du siècle, un kaolin de bonne qualité. Cependant au fil des ans cette très bonne terre à porcelaine se faisait de plus en plus rare, si bien que toutes les exploitations sur la commune de Coussac-Bonneval furent abandonnées dans les années 50. Aujourd’hui de nombreux musées à visiter, notamment situés à Limoges et St-Yrieix La Perche, nous rappellent cette histoire, pour ne pas oublier que ces carrières ont produit une bonne partie du kaolin employé pour la fabrication de la porcelaine.

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